Encore une fois, l’espoir des familles s’est envolé. Le crédit d’impôt pour les résidents en Ehpad, attendu depuis des années et voté en commission, ne sera pas appliqué en 2026. Pour les foyers modestes et les retraités non-imposables, c’est une nouvelle gifle. Et elle fait très mal.
Un crédit d’impôt espéré… et supprimé
Chaque automne, c’est le même scénario. On croit à une avancée, puis tout s’écroule avec le vote final du budget à l’Assemblée nationale. En 2025, les députés avaient validé en commission l’idée de transformer la réduction d’impôt en crédit d’impôt. Une mesure qui aurait enfin permis aux foyers non-imposables de bénéficier d’un coup de pouce jusqu’ici inaccessible.
Mais une fois encore, cette promesse s’est évaporée. La réforme a été retirée en douce lors de l’adoption définitive du budget via l’article 49.3. Les familles restent seules face aux coûts, souvent exorbitants, de l’hébergement en Ehpad.
Pourquoi cette réforme était cruciale
Actuellement, les personnes imposables peuvent déjà bénéficier d’une réduction d’impôt pour les frais d’Ehpad. Mais les familles non-imposables sont totalement exclues de ce dispositif. Elles doivent donc tout payer, ou puiser dans leurs maigres économies.
Le projet aurait permis à ces foyers d’économiser jusqu’à 2 500 euros par an. Une bouffée d’air pour beaucoup d’aidants familiaux qui épuisent parfois leur propre budget pour un parent âgé dépendant.
Un motif budgétaire qui ne convainc plus
La raison officielle ? Le coût de la mesure. Selon la ministre des Comptes publics, ajouter un crédit d’impôt pour les Ehpad aurait mis en péril “la durabilité du système social”. Mais dans les familles concernées, ce discours passe mal.
Chaque année, ce crédit est proposé. Chaque année, il est retoqué. Entre temps, les factures d’Ehpad dépassent régulièrement les 2 000 à 3 000 euros par mois, bien au-delà des retraites perçues par les résidents. Résultat : ce sont souvent les enfants qui mettent la main à la poche pour financer le déficit mensuel.
Des familles à bout de souffle
Les témoignages se multiplient et dressent un tableau saisissant :
- Retraite de 900 à 1300 € par mois contre des frais Ehpad de 2 300 à 3 000 €
- Pas ou peu d’APL (aide au logement), et une APA souvent absorbée par l’établissement
- Économies dilapidées en quelques années, parfois vente du seul bien immobilier
Ces familles ne réclament pas des privilèges. Elles demandent juste un mécanisme équitable, qui tienne compte de leurs moyens et de leur engagement quotidien pour leurs proches.
Colère et sentiment d’abandon
“Chaque euro compte”, “On nous fait espérer pour rien”, “On s’épuise”… Les mots reviennent comme un écho résonnant d’injustice. Ce rejet répété engendre un ras-le-bol collectif. Les aidants se sentent oubliés par les politiques, méprisés par les arbitrages de Bercy.
Les associations de soutien parlent désormais d’un véritable sentiment d’abandon. D’autant plus fort que d’autres dispositifs – comme les crédits d’impôt pour rénovation énergétique – restent accessibles à des foyers pourtant aisés.
Et maintenant ? Vers 2027 peut-être…
Pour les familles, l’année 2026 s’annonce comme toutes les autres : rien ne changera. La réforme pourrait revenir en discussion dans le budget 2027, mais beaucoup n’y croient plus. La résignation gagne, alimentée par des promesses politiques qui s’envolent au moment du vote.
Est-il juste que les familles les plus modestes soient celles qui payent le plus ? C’est la question qui reste en suspens. Et malheureusement, tant que la réforme ne devient pas réalité, la souffrance financière des aidants restera ignorée.
Ce que vous pouvez faire
Si vous êtes concerné ou solidaire de cette cause, plusieurs pistes existent :
- Interpellez votre député : par courrier ou mail, faites-lui part de votre situation
- Contactez les associations d’aidants qui relaient ces doléances au niveau national
- Partagez cet article pour sensibiliser autour de vous
Votre voix compte. Et même si le crédit d’impôt pour les Ehpad ne sera pas là en 2026, garder la pression peut faire mûrir les décisions de demain.
Restons attentifs. Et surtout, que personne n’oublie que derrière chaque facture Ehpad, il y a une histoire, une famille, un combat silencieux.





